dimanche 24 août 2008
Par sylvie,
dimanche 24 août 2008 à 12:03 :: General
...C'est bien mon blog.
Vous savez pas, je ne vous en ai jamais parlé. Pourquoi? Ben parce que les gens souvent ne comprennent pas. Donc, j'ai vécu les plus beaux moments de ma vie et oui! et les plus tristes aussi.
Bah je sais, on s'en remet toujours un jour. Je suis comme tout le monde. Le temps arrange les choses parait-il. Alors attendons que ce temps passe.
Le plus difficile dans tout ça, c'est de n'avoir personne à qui en parler en réel. Alors je suis là , toute seule et j'essaie tant bien que mal de me reconstruire. Je voudrais bien le crier au monde entier que je l'adorais (l'adore), que j'aurais tout fait pour le retrouver. (cf post plus bas.). Mais il n'a pas su attendre.
Je m'en fous, je peux dire ce que je veux, je sais qu'il ne lira pas mon blog.
Alors voilà , je vous raconte? Vous êtes prêt?
Voici 1 an et 2 mois de ma vie que je relate au grand jour. Ouille, c'est pas mon genre. Mais il parait que l'écriture est une thérapie, alors allons y.
Et surtout, ne me jugez pas. Ce n'est pas le temps, ni le moment. Ça ne le sera jamais d'ailleurs. Déjà que je suis en phase de rage. Ben oui! il y a plusieurs phases dans une "séparation" et celle-ci en fait partie.
Et comme je vous ai dit, il ne viendra pas lire ça ici. Il n'y pensera même pas. D'ailleurs je me demande même si j'ai des lecteurs. Mais ça, c'est une autre histoire.
Un jour, un ami m'a parlé d'un jeu. Le genre de jeu que je ne connaissais pas du tout ayant l'habitude de jouer seule. Alors je vais au magasin, je demande ce jeu et l'installe sur mon ordi. Guild wars est un jeu où on rencontre des gens. Ce n'est pas un MMORPG à proprement parler, mais on est en interaction avec d'autres joueurs. Les premières fois que je suis arrivée là , je me suis sentie bien seule. Le copain en question, ben il s'est avéré "amoureux" de moi et marié de surcroit. Alors bye bye, je ne joue pas dans cette plate bande moi.
Donc, je me retrouve seule dans cette immense jungle à me demander si je ne devais pas désinstaller ce jeu. Le même soir où j'avais presque pris ma décision, voilà qu'un rodeur arrive dans les escaliers où j'étais. Après avoir fait quelques émotes de circonstance, il me lance: "Tu sembles t'ennuyer!" Et bien évidemment je lui ai répondu. Bien sûr que je m'ennuie, je suis seule au monde et je sais pas quoi faire ici. Ce n'est pas ce que je lui ai répondu. Je ne sais plus quelle phrase j'ai utilisé pour lui répondre. C'est fou ce qu'on peut se souvenir de ce que les autres nous disent et que nous on oublie si facilement nos propres phrases. Mais bon, c'est quand même ce que j'ai pensé.
La date? Ça oui, je m'en souviens, c'était le 16 mai, 10 jours après son anniversaire. Je me souviens même de lui avoir souhaité un bon anniversaire en retard. Quoique pas en retard car je ne le connaissais pas avant.
C'était l'unique personne a qui j'ai osé parler dans ce jeu. Allez savoir pourquoi? Que voulez-vous je suis timide, je ne parle pas aux étrangers. Alors le lendemain aussi je l'ai retrouvré et le surlendemain et le sur sur lendemain et... Ben voilà , je pense qu'en 1 an et 2 mois de jeu, il n'y a pas un jour où je ne l'ai pas vu. Où on ne s'est pas parlé. C'est fou ce qu'on apprend à connaître quelqu'un quand on le voit plusieures heures par jour.
Mais le connaissais-je vraiment?
Il m'a montré les ficelles du jeu, je ne jouais qu'avec lui. Il semblait très heureux de montrer le jeu à la novice que j'étais. 2 semaines après, il m'a dit qu'il était MG. Kesako un MG? que j'ai dit (je pense) Alors il m'a expliqué que c'était un maître de guilde. Le dieu tout puissant d'une bande. Celui que tous vénère (meuh non! je vous mène en bateau) c'est lui qui voit au bon fonctionnement de la guilde et des membres.
Alors je lui ai demandé de m'inviter dans sa guilde. Et bien sûr, on se voyait tous les soirs, on jouait ensemble, il s'occupait bien de ma petite rodeuse. Ma rodeuse, c'est le personnage que j'ai dans ce jeu. Et mon anniversaire est arrivé... 2 semaines à l'avance, il ne pouvait pas tenir et voulait absolument me donner mon cadeau. Un kuunavang. C'est un pet, une petite bête qu'on s'amuse à sortir pour impressionner la galerie. Il y en a de toutes les sortes, mais parait-il, celui là , il est le plus beau, le plus maginfique et il décrit bien votre richesse car il vaut extrêmement cher. Dans le jeu bien sûr.
Et à force de parler du jeu, de tout et de rien, je dirais surtout de tout, on a fini par se connaître, se découvrir des affinités. Alors on s'est échangés nos adresses msn. (1ere gaffe) On parlait musique, on parlait de tout, on se découvrait davantage. Je le trouvais très gentil, respectueux et nous avions surtout beaucoup de goûts communs (De toutes les histoires virtuelles que j'ai lu, on retrouve cette phrase) Des goûts communs... Bizarre quand même! Mais bon, c'est vrai. Peu importe que ça venait de lui ou de moi, on était étonné à chaque fois.
Ah je vous ai pas dit? Bien sûr, si j'ai des lecteurs assidus, vous savez que je suis québécoise. Lui? Français (2e gaffe). 6000 bornes nous séparait. C'est pas un frein à une histoire ça? Ben non! (comme plusieurs histoires virtuelles que j'ai lu, les protagonistes sont séparés de plusieurs kilomètres) et bizarrement aussi, ils s'obstinent à continuer, à lutter, à croire que... Un miracle? Pourtant j'ai jamais cru aux miracles. Du coup, là j'y crois? Est-ce à dire que ma vision des choses aussi était troublée? Ma tête là bas? Mon coeur ici? Ou l'inverse? Et laissez moi vous dire qu'il commençait à battre drôlement vite. Cela dit, trop pour que je n'entende ma tête raisonner.
Donc, tous les matins avant d'aller au boulot, je recevais un bisou dans mon mail. J'allais travailler la joie au coeur. Je flottais littéralement. Il était tellement gentil, tellement attentionné. J'avais jamais connu ça (3e gaffe) se laisser embobiner. Mais bon, je sentais que je pouvais lui faire confiance (Ça se voit aussi dans les histoires virtuelles). Et là , je ne l'ai pas encore vu en photo hein? Et j'étais déjà attachée, je ne pouvais plus me passer de lui. Et se parler au micro. Ah sa voix, je vous dis pas, douce, chaleureuse, mon coeur battait la chamade quand je l'entendais. J'essayais d'imaginer le garçon qui avait cette voix. Il ne pouvait qu'être charmant. Le contraire était pour moi impossible. (Vous suivez toujours? Les histoires virtuelles, allez en lire quelques unes, vous verrez que la mienne n'est pas différente du tout).
Et un soir, un soir dont je me souviendrai toujours on a osé aller plus loin (je vous fais pas de dessins). Il était si doux, tendre, romantique, attentif...
(ben oui, faire l'amour virtuel, c'est froid, plusieurs le disent. Ceux qui le disent n'ont pas connu ça) (suis à quoi? 4e gaffe je pense?) C'est déjà pas mal hein? Et que 3 mois de fréquentation à ce moment là .
Et ensuite les moments de doute. Qu'allons-nous devenir? Que fera-t-on? Je tiens à toi, je t'adore (non, on n'osera pas se dire qu'on s'aime). Je ne peux plus me passer de toi virtuellement, qu'en sera-t-il en IRL (In real life) C'est certain qu'on s'aimera. À ce stade-ci, le physique n'a plus grande importance (histoires virtuelles, toutes pareilles, que je vous dis).
Et enfin, fin juin, je reçois dans mon dossier de partage 3 photos de lui. J'étais en état de choc (oui, oui, à ce point). Mais qu'il est beau ce garçon. J'avais bien raison quand je disais que le garçon derrière cette voix ne pouvait qu'être charmant.
On a passé l'été ensemble à se voir en moyenne 6 à 7 heures par jour (plus que des couples normaux ça). On avait toujours à se dire, et même les petits moments de silence étaient impregnés de tendresse. Les silences, c'est beau quand un couple qui s'aime se regarde dans les yeux sans rien dire. La complicité, le regard, tout ça veut dire quelque chose si on prend le temps de s'arrêter, de s'observer, de s'aimer.
Je me foutais du soleil qu'il faisait à l'extérieur, j'en avais plein le coeur lorsque je le voyais se connecter à msn. Il était mon rayon de soleil, mon énergie vitale, ma source de bonheur. Peu importe ce que j'avais vécu dans la journée, le sourire me revenait inévitablement, mon coeur sautait d'un bon, parfois je me demandais si un défibrilateur m'aiderait à reprendre mes esprits, losrqu'il se connectait.
Je me demande s'il y a des degrés de bonheur dans cette vie, mais celui-là en était un des plus élevé pour moi, il aurait été situé très haut dans l'échelle de mesure.
Et un jour, il me parle qu'il devrait se trouver un emploi et venir me retrouver ici au Québec. J'ai pris panique. J'ai eu peur. Mais une peur viscérale. Si je vous parle d'un contexte que vous ne connaissez pas, j'ai eu beaucoup de désillusions dans ma vie. Et donc, de savoir qu'il allait venir, qu'il voulait me voir, j'ai tilté, j'ai pris panique. Non! Je me disais, pas ça. Ce qu'on vit là c'est trop beau, pourquoi le détruire en se voyant, s'appercevoir que physiquement je ne te plais pas, etc. Et après, que fait-on si jamais on se plait? Toi ici, loin de ta famille? Non! Moi aller là bas? Trop de questions dans ma petite tête, trop de questions sans réponses. Je voulais tellement le voir, le toucher, le sentir, frôler sa peau, le voir sourire, poser son regard sur moi... Mais je m'en sentais incapable (le net est rempli d'histoires virtuelles ou vous verrez sensiblement la même chose que j'ai vécu: la peur de la rencontre). Alors on s'est quitté, lui sans comprendre ce que je ressentais et moi qui comprenais tellement ce besoin de nous voir mais la crainte, le doute...
J'ai souffert cette nuit là . J'en ai été malade, j'en ai pleuré toutes les larmes de mon corps. C'était terminé. Cette histoire n'avait plus lieu d'être. Faisons notre deuil, c'est préférable. Je ne vous dis pas l'état dans lequel j'étais, mais je vivais une véritable souffrance.
Le lendemain, un mot de lui: Tu me manques je ne peux pas me passer de toi! Je n'ai fais ni 1 ni 2, j'ai ouvert mon msn pour le retrouver (6e gaffe, j'ai perdu le fil je pense.)
Et on s'est expliqué, lui ai laissé une porte ouverte, lui ai dit que oui, c'était possible qu'on se voit un jour, je ne sais pas quand, mais ça viendra. Je n'ai jamais rencontré un homme comme toi. Que je dois prendre sur moi. Lui était prêt à accepter et lui ai promis qu'il aurait une chance. Que je l'aimais (oui aimer) trop pour ça, pour le perdre.
Et septembre est arrivé, l'école à nouveau.
J'avais vécu dans l'année précédente des situations très difficiles. (groupe difficile que je n'avais pas choisi, directrice sur mon dos en tout temps, etc) Cette année là semblait partir sur le même pied. Groupe extrêmement difficile, parents contrôlants, directrice qui voulait tout savoir de moi, qui faisait de l'ingérence, etc)
Et je continuais à le voir le matin, le soir jusque tard pour ne rien rater, pour être avec lui. Je pouvais lui parler parfois jusqu'après minuit et ensuite aller préparer ma journée du lendemain. Souvent je n'étais pas couchée avant 2heures du matin et levée à 6 heures. Mais j'étais avec lui, j'étais bien avec lui et le reste on s'en fout. Alors je vivais une année difficile, des enfants turbulents, des parents sans arrêt à ma porte, au tel, une directrice qui s'amusait à venir me dire des bêtises avant et même pendant que mes élèves étaient en classe. Et le soir, en arrivant, ouvrir msn, le retrouver, aller manger sur le pouce, pour le retrouver à nouveau. Le quitter avec le coeur gros, faire ma planification, parfois des corrections, douche et dodo. Levée à 5h45, douche, déjeuner sur le pouce et vite le retrouver ou lui écrire un mot dans son mail avant de partir pour le boulot. C'était mes journées. Personne ne m'y a obligé, je voulais juste une chose. Être avec lui.
16 décembre, j'ai craqué. J'ai voulu me rendre au travail, mais impossible de me lever, je vomissais sans arrêt. Un dernier effort et je réussis quand même à lui faire son coucou, me doucher, manger... Et tout le long du trajet, devoir arrêter sur le bord de la route pour en vomir. J'ai jamais pu faire ma journée. Je suis retournée chez moi en milieu d'avant midi, malade comme une chienne et tellement, mais tellement fatiguée que si je fermais les yeux je me mettais à vomir. 3 jours comme ça, sans arrêt. Mais, je le retrouvais, lui disait que tout allait bien, que c'était la forme, que tout allait pour le mieux, il était là . Il n'a jamais su cette étape de ma vie. Je ne lui en ai pas parlé, j'avais trop peur de moins ou de ne plus le voir du tout. (7e gaffe, j'ai perdu le fil)
Arrêt immédiat du médecin et repos forcé. Mais je ne peux pas dire que ce fut un repos. Je le vivais très mal. Arrêter de travailler pour fatigue, ça ne se fait pas, pas pour une fille (forte) comme moi. Ce fut l'échec professionnel, l'échec de tout, me rendre compte que j'étais humaine, pas surhumaine. Que je ne pouvais pas vivre ainsi sur plusieurs tableaux. Le temps des fêtes? Je n'ai voulu voir personne. J'ai annulé toutes mes sorties. J'étais tellement fragile. Un rien ne me faisait pleurer. Mais toujours je le retrouvais. Jamais je ne me plaignais. Pendant cette période il a été moins présent. Il voulait "jouer" avec ses potes. Alors je me suis retrouvée seule devant un msn silencieux à attendre qu'il ait envie de me voir (8e gaffe) J'étais mal, je ne voulais pas lui dire et j'avais tellement besoin de lui. Déjà que je subissais un échec, me plaindre était pour moi innadmisible. Alors je le laissais faire. Je le savais heureux, c'était ce qui comptait à mes yeux. Son bonheur... Le mien, nan! Le sien avant tout, si lui est heureux? Je le suis aussi sans aucun doute. Et puis, on n'a pas à se plaindre surtout si on voit peu la personne qu'on aime. Le peu de temps que j'avais avec lui, je le voulais joyeux, heureux, lui faire croire que tout allait bien. C'était ça l'important, rien d'autre.
Et petit à petit, j'ai repris du poil de la bête. Toujours épuisée mentalement et physiquement, mais ça allait mieux. Il était toujours là , je l'écoutais me parler, il rigolait, j'essayais aussi de rigoler avec lui. De montrer que tout allait bien, surtout, surtout ne pas me plaindre. Alors je gardais tout pour moi. Ce qui, je crois ne m'a pas aidé (8e gaffe).
Et cet hiver là qui n'en finissait pas, rarement du soleil, une quantité de neige effroyable. Le soleil, c'est des vitamines, une source d'énergie. J'en manquais énormément. Mais je le voyais. Et de plus en plus. Connecté dès 9hres le matin, j'allais dîner vers midi, je le retrouvais à 13heures et ensuite il quiltait à 14h30 et on se retrouvais dès 18 heures jusqu'à minuit et voire plus. Ça fait plus de 12 heures par jour ça. Et ça allait bien. Il était toujours aussi charmant, gentil, attentionné. Un amour quoi. Et j'étais heureuse, il tenait à moi. Je ne pouvais demander mieux. Et j'essayais de le combler du mieux que je pouvais, lui rendre la vie belle, l'entendre rire, c'était tout ce qui m'importait.
Et des problèmes de micro, et des problèmes de photos. J'ai tout fait mal, je le sais.
À partir de ce moment je songe sérieusement à mettre des sous de côté pour le retrouver. Je ressens le besoin de sa présence, de le voir, de faire l'amour avec lui. De pouvoir le regarder dans les yeux, le voir sourire. C'est un besoin si intense. Je suis enfin prête je crois. Mais je ne lui en parle pas. Je ne veux pas lui faire du mal si jamais ça ne se produit pas. Mais dans ma tête, mon coeur, je suis vraiment prête à le retrouver. Je dois le faire. On ne peut pas passer à côté de ça. C'est trop beau (toute relation virtuelle est unique). Oui, je souris enfin, je sais vraiment ce que je veux. C'est lui, personne d'autre, que lui. (cette erreur me coutera très cher)
Et l'été est arrivé. Peu de soleil aussi. Mais j'avais le mien, il était présent, là , je n'avais pas à me plaindre de sa rareté, j'en avais un pour moi toute seule. Et juin, on se trouve un nouveau jeu. Alors on s'inscrit et on trouve ça amusant. Tout va pour le mieux. Dans ce genre de site, on doit faire vivre un "pol" ou une "polette" . Simulation humaine virtuelle. On doit lui trouver un travail, le nourrir, le marier, avoir des enfants et essayer de le faire vivre le plus longtemps possible. Alors on a "monté" nos pols ensemble. J'ai même eu droit à la demande en mariage conventionnelle. Ensuite les enfants. Nous étions une petite famille heureuse.
Et
Juin
Validation du passeport et réservation du billet d'avion. Départ de Montréal le 7 octobre pour 3 semaines. On y est presque. Je me garde de lui dire encore, j'hésite, je me tais, début septembre, je lui annonce. (gaffes sur gaffes)
Et j'ai commencé à le sentir moins présent. Avant, lorsqu'il m'écrivait sur msn, il n'y avait pas de temps d'attente. Parfois, je pouvais attendre plusieurs minutes avant d'avoir une réponse. Et le tel qui sonne plus souvent. Et trop de boulot avec son pol. Et moi qui commençais à me sentir mal, avoir le coeur gros.
Et
Juillet
Quelques jours avant mon anniversaire, j'ai eu droit à une discussion en règle. Comme quoi c'est moi qui ne lui donnait plus assez de temps. J'ai quitté la guilde.
Je l'ai revu le lendemain, il était si malheureux. J'ai craqué (9e gaffe)Je suis retournée dans la guilde, lui promettant que je ferai davantage attention à lui.
Tout était de ma faute. Peut être la fatigue. Je ne suis pas encore remise, ça prend du temps, c'est du long terme, je dois faire attention à moi.
Et
Août
Et les enfants arrivent, nos pols vont bien, je le sens heureux, moins présent, mais heureux. Moins attentionné aussi. Mais bon, il me dit qu'il est moins présent car il doit se trouver du travail. Ce qui est normal. Et je me dis que c'est simplement ça.
Et
Le 21 août
Je ne peux plus t'apporter ce dont tu as besoin. Je dois me trouver du travail, me consacrer à ça. Je serai moin présent, je sais que je ne te donne pas ce dont tu as besoin.
Et
le 22 aout
Retour au travail. Pas dormi de la nuit, j'en ai été malade. Je cherchais à comprendre où je lui prenais trop de son temps. Il était là , alors je croyais que c'était pour moi. S'il m'avait expliqué, j'aurais compris. Je ne cherche que la qualité avant tout. Qu'on se voit moins, ça me va, mais que ça soit du temps pour nous.
Dure journée que fut la rentrée. J'étais pas là . J'essayais de sourire, mais j'en étais quasi incapable. Une nouvelle école, de nouveaux collègues, tout ça aurait dû me rendre heureuse, j'aurais voulu vivre ça avec lui, lui raconter que même si j'étais fatiguée, que j'étais heureuse, lui faire partager tout ça. Au lieu de ça, j'ai eu droit à un: je vais pas tardé je suis très fatigué et me dire qu'il ne pouvait plus me caser dans sa vie, qu'il ne devait penser qu'à son travail.
Alors lui ai dit de bien se porter, que si jamais il avait besoin, il pouvait m'écrire un mail, que je serais là pour lui. Toujours. Toujours je serais là pour lui.
Et je l'ai bloqué sur msn
Comme ça, je me suis dit, je n'irai pas le voir s'il est co. Je vais le laisser reprendre des forces.
Et
24 aout: Un mail; S.V.P parlons
tout ce qu'il m'a dit: J'ai rencontré une personne en IRL. Une personne du jeu bien sûr
Alors je lui ai dit de me laisser tranquille. Ce fut ma dernière phrase. Je m'en souviens de celle lÃ
Et la sienne:
Sylvie
Et
j'ai coupé msn, je suis partie de la guilde et j'ai tué ma polette.
Je peux vous le dire, il ne lira pas mon blog, mais je suis mal, très mal. 4e nuit sans dormir, mal au coeur, je vomis, je ne suis pas bien du tout.
Dans ma tête tout est terminé maintenant. Je ne peux pas lui en vouloir. C'est comme ça. J'ai été trop..., pas assez..., j'aurais dû faire bouger les choses. Je sais que tout est de ma faute. Je ne peux que m'en vouloir à moi. Qu'est-ce qu'on perd quand on a peur, qu'est-ce qu'on peut souffrir quand on a peur.
Je n'ai pas été très gentille avec lui. lui disais souvent que je l'aimais assez pour le savoir heureux dans les bras d'une autre même si mon coeur en éclaterait. Que je voulais des nouvelles de lui si jamais on se perdait de vue. J'ai été méchante. Je lui ai dit de me laisser tranquille au lieu de lui souhaiter du bonheur. Je m'en veux, je m'en veux de toute cette histoire, de m'être accrochée et d'avoir espéré. C'est comme ça!
Je sais qu'il ne lira pas mon blog. Mais je tiens quand même à lui souhaiter tout le bonheur du monde.
Et moi, le processus de guérison est à long terme. Je dois vivre ma peine. Un jour je serai mieux. Je pourrai voir cette histoire avec d'autres yeux. Je pourrai comprendre davantage avec du recul.
Peut être que je partirai en voyage le 7 octobre. Destination Lyon, je visiterai tous les beaux paysages qu'il m'a montré. J'en profiterai pour visiter d'autres coins de la France. Je serai seule, mais c'est rien ça. Je pourrai voir de mes yeux son coin de pays, découvrir ce qu'il voit (à ) tous les jours. Ça ira mieux d'ici là .
Une histoire virtuelle comme tant d'autres.
Le plus pénible dans tout ça, c'est de le vivre en silence, n'avoir personne sur qui m'appuyer. Personne dans mon entourage ne connait cette histoire. Déjà vivre une histoire de ce genre sans pouvoir en parler c'est extrêmement difficile. Vivre une rupture sans pouvoir en parler c'est plus que pénible. Juste une épaule sur qui m'appuyer, pleurer un peu et me faire consoler
Le plus pénible est-ce parce que c'est la fin ou parce que je n'ai pas pu le rencontrer? le toucher? Le goûter?
Un goût d'inachevé...
On m'a conseillé de lui écrire pour lui dire ce que je vivais. Je ne crois pas que ça soit une bonne idée. Mais avoir écrit cette histoire ici, même si je sais qu'elle n'en aura aucune lecture m'aidera à exorciser ma peine. Même si l'épaule (la sienne serait beaucoup plus agréable) sur qui je pourrais appuyer ma tête le temps de quelques larmes me ferais encore plus grand bien.
Il aurait sans doute une toute autre version de cette histoire, comme il l'a ressenti, l'a vécu. Moi je vous ai raconté la mienne, ma version, comme je l'ai vécu avec lui. Tout simplement. Chacun vit ses passions, ses rêves différemment. Je vous ai raconté la mienne sans frioritures, comme elle venait. Du fond de mon coeur.
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